Cet album est le fruit de 20 ans de bidouilles, d'oublis, d'aveuglements, d'occasions manquées, de renoncements, de remises sur le tapis, de rééxamens, d'intuitions, de réflexions, de créations et de récréations.
Il aura fallu attendre l'émergence politique du Front de Gauche et la campagne électorale de 2012 pour que tout s'emboîte et se trouve "à la bonne place et au bon moment".

La musique peut néanmoins s'écouter en dehors de tout contexte politique. Des effets secondaires sont toutefois susceptibles d'apparaître chez certains mélomanes : vote pour le Front de Gauche, engagement syndical, tendance à la contestation et à la manifestation... En cas de persistance des symptômes, séquestrez un patron.

"Insomnie" est un titre court et instrumental. Berceuse ou incitation à l'émeute ? Cela doit faire pas loin de 20 ans que je pianote le thème dès qu'un clavier me passe sous la main. Ce n'est que cette année que j'ai ressenti le besoin de l'enregistrer et de l'arranger. "Ils nous empêchent de rêver, nous les empêcherons de dormir".

Avec "Cinq à sept pour les uns", imaginez que vous êtes DSK, dans votre suite de Sofitel. Ambiance jazzy avec cet instrumental à 5 temps. Vous sortez de la douche et là... oui, le morceau est déjà fini. Place au Peuple.

"Trois huit pour les autres" est une valse industrielle qui servait autrefois de musique à une chanson intitulée "La Valse des Pue-la-sueur" dont le texte a sombré dans l'oubli.

"Le FMI" est une chanson plutôt pop.
J'en jouais déjà une version acoustique avec mon pote Stéphane dans un bar à la fin des années 90, sur un texte en anglais pas très inspiré. Du coup, le morceau était finalement tombé dans les oubliettes. Mais l'actualité m'a permis de lui redonner un coup de jeune, avec un nouveau texte en français.

""Oligarchie" : j'ai bien du mal à définir le style de cet instrumental. Il y a des sons synthétiques mais aussi de la guitare et du piano. Imaginons les glands de ce monde suant le sang du peuple tandis que de dociles esclaves (chefs d'Etat) les éventent en agitant des dollars. C'est à peu près l'idée.

Le morceau "Grève" est constitué de plus de 17 minutes de péripéties musicales traversant différents styles. Une autre version du premier thème avait déjà été publiée sous le titre "Lendemain de grève" dans l'album "Weltanschauung" en 2006. A l'époque, je n'avais pas eu le courage de finaliser la suite. C'est chose faite aujourd'hui.

"L'appel de l'Ombre" est une chanson pop psychédélique gaullienne dont une version tronquée instrumentale avait déjà été diffusée sous le titre de "ZORson003".

Quant au dernier morceau de l'album, "Je re-Mélenchon", il s'agit d'une parodie du tube "Louxor j'adore" de Philippe Katerine (qui, interrogé sur France-Inter, a semblé apprécier que son oeuvre soit ainsi reprise et détournée). A la fois blague de potache et acte d'adhésion à la campagne de Jean-Luc Mélenchon, ce morceau s'est répandu de façon inattendue sur Internet et même dans quelques grands médias audiovisuels.

Siegfried G, juillet 2012

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