In cauda venenum

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Archive pour juin 2008

Appel des rentiers

affiche libre

52 « stars » de la variété française ont signé récemment un « appel des artistes contre le piratage« . On ne s’étonnera guère que ces 52 rentiers de la musique s’arc-boutent à un système qui les a nourris et appellent les internautes à télécharger « légalement » la musique aux tarifs établis par une industrie parasitaire sur la défensive. On pourrait même se réjouir que cette industrie qui a complètement raté le saut technologique d’internet découvre enfin que « téléchargement » n’est pas un gros mot, dût-elle restreindre pour cela cette notion à sa dimension « légale », c’est-à-dire, du point de vue des marchands, forcément « payante ». En cela, on peut considérer cet appel comme une banale opération publicitaire pour pousser l’internaute/consommateur à acheter les produits formatés et les vieux fonds de catalogue maintes fois rentabilisés que l’industrie du (défunt) disque persiste à remettre sur le marché (les « nouveautés » se résumant à quelques nouvelles compilations ou rééditions d’artistes du passé ou au lancement de « nouvelles stars » préfabriquées par la télé-réalité). On fera juste remarquer que les professionnels de la profession, au lieu d’accuser le « piratage » d’être responsable de la baisse de leurs profits, feraient mieux de se demander pourquoi le consommateur ne veut plus acheter ce qu’on lui a déjà vendu maintes et maintes fois.

Mais si les jérémiades des artistes « officiels », de la SACEM et des marchands de soupe musicale nous préoccupent assez peu, le soutien apporté par nos 52 rentiers au projet de loi Olivennes (rebaptisé Hadopi) nous semble franchement honteux, tant ce projet, fignolé sur mesure par l’ancien patron de la FNAC, s’avère répressif et liberticide, assimilant une fois de plus le partage à du piratage. « Téléchargez nous légalement », proclament-ils. Eh bien nous, nous disons aux internautes : « ne pillez plus les oeuvres de ces has been, venez plutôt piller les nôtres ». Car nous n’avons pas peur du partage, et la musique libre est riche d’une diversité que l’industrie du disque ne peut plus se permettre, le poids exorbitant des budgets publicitaires lui interdisant toute prise de risque.

En bref, ami internaute, tu peux trouver dans la musique libre au moins l’équivalent du meilleur comme du pire de la musique commerciale, mais aucun artiste libre ne prétendra venir fouiller dans ton disque dur pour savoir ce que tu écoutes, comment tu te l’es procuré et avec qui tu le partages.

Pour riposter contre les atteintes aux libertés imposées par un lobby aux abois, nous soutenons entièrement la pétition proposée aux créateurs par Rico da Halvarez sur Dogmazine. Nous en reproduisons ci-dessous le texte :

Nous sommes inquiets, très inquiets, nous aussi. (…) La France adore la culture, certes. Mais l’État français s’apprête une fois de plus à défendre une poignée d’artistes et leur appareil de propagande, qui enrage de n’avoir pas su s’adapter à la nouvelle économie de la connaissance, du partage.

Au lieu d’adapter leur modèle économique, ces Industries du siècle dernier veulent nous offrir des minitels pour accéder à leurs contenus ! Au lieu de constater que la créativité n’a jamais été aussi vigoureuse, ces Maisons de disques pensent encore que le monde n’écoutera que leurs musiques, leurs rengaines à la mode, sentimentales et formatées, ou leurs fonds de catalogue ! Ces entreprises ne représentent pas la diversité culturelle, elles lui ont presque toujours fermé leurs portes, ou l’ont pillée sans vergogne pour en tirer du profit. Cela dure depuis bien longtemps… Cela s’accentue même.

Notre activité artistique a toujours été fragile, mise en péril. La plupart de ceux qui ont apporté à la musique, à la culture en général, géants sur les épaules desquelles nous nous tenons, sont morts dans la misère, et parfois l’humiliation et les moqueries de leurs congénères. Et le phénomène touche toujours autant les jeunes créateurs de ce pays, qui vivent dans leur immense majorité bien en dessous du seuil de pauvreté, dans l’indifférence totale des pouvoirs publics.

Ce n’est pas en légiférant pour perfuser une cinquantaine de millionnaires que le problème du piratage se règlera ! La cause du déclin de l’industrie culturelle n’est certainement pas le développement actuel des échanges d’œuvres, mais l’appétit féroce de leurs receleurs, qui aujourd’hui tirent les ficelles jusqu’au cœur de notre parlement, proposent des lois contraires aux droits de l’homme et du citoyen, et cherchent à imposer par force leur vision morbide de fin de règne, aveuglés par la vision des gains qui leur filent entre les doigts. Cette crise a pour cause essentielle leur inadaptation aux nouveaux modèles économiques qui découlent du développement fulgurant de l’économie numérique.

L’incompétence se paie !
Il faut vivre avec son temps !

Il faut admettre que le public, grâce à Internet, dispose désormais durablement d’une offre culturelle sans barrières. Il faut admettre aussi que toute tentative de contrôle n’aura pour effet que d’intensifier les méthodes de contournement, et donc de multiplier les contrefaçons.

Il faut au contraire faciliter l’accès aux œuvres, restituer la confiance, et nous y encourageons sciemment le public, car nous sommes persuadés que la liberté de créer dépend de plus en plus de la préservation de la liberté d’échange sur internet.

C’est pourquoi nous encourageons le public à télécharger nos œuvres, à les partager, à les découvrir, que ce soit gratuitement, ou en les achetant lorsque celles-ci l’ont touché. Oui, nous avons confiance en nos concitoyens, qui savent être reconnaissant de la générosité qu’on leur témoigne. Non, nous ne défendons pas la gratuité, mais le bien commun, socle de toute culture civilisée.

Le projet de loi, proposé par la ministre de la Culture, issu de la mission menée à l’automne dernier par Denis Olivennes, nous donne de très bonnes raisons de penser qu’internet risque de se transformer en tombeau de la liberté d’expression, c’est pourquoi nous nous engageons à le combattre avec toute notre énergie, dans le respect des droits d’auteur, par l’utilisation des licences libres et ouvertes. Et l’exception culturelle qu’elles portent en elles. Cette exception réside dans leur forme de légalité, qui refuse les verrous et la criminalisation des usages culturels.

Arrêtons de marcher sur la tête !

Nous ne laisserons pas 52 artistes et leurs épiciers lobbyistes dicter leur loi au pays des droits de l’homme ! Nous sommes des musiciens, mais aussi et avant tout des citoyens !

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Heureux qui communiste…

Voici une autre vieille nouvelle tiré du recueil Débris et ratures. Heureux qui communiste… n’a pas fait de beau voyage.

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Sur “On s’est marré (version feutrée)”

Commentaire fait par Biotic sur BLACK SWEATER, WHITE CAT à propos du morceau « On s’est marré (version feutrée) » de Siegfried G :

I have enjoyed Siegfried Gautier in the past and he has been featured before on these pages, but all of that material was from Jamendo. This wonderful little tune was recorded years ago (November, 1999) and appears at archive.org. I love the smoky mystery that develops as it goes along. Timeless. The name of the release is Deux mille ans de bonheur.

Hailing from France, Gautier has played with Psychonada and Creme Brulee. And, as I discovered in my first CC posting in several months he has material waiting to be discovered-one of the exciting things about this gig is the discovery.

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