In cauda venenum

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Archive pour juin 2009

Jamendouille merdouille encore

Jamendo ne finira donc jamais de nous étonner.
L’ami Mankind Concept a parfaitement résumé les dernières tribulations de la start-up luxembourgeoise sur son blog.

Ainsi donc, Jamendo s’improvise éditeur musical et gestionnaire de droits d’auteurs, grâce à son programme « Jamendo Pro », qui vend des licences d’utilisation commerciale de musique à des bars, restaurants, sites, web, publicitaires, chaînes de télé… à des tarifs défiant évidemment toute concurrence (plus bas que ceux pratiqués par la SACEM). L’argument de vente est d’ailleurs que les acheteurs, en profitant de l’offre « Jamendo Pro », pourront se dispenser de tout paiement forfaitaire à la SACEM.

En cela, Jamendo se montre décidément révolutionnaire, car là où la SACEM et les éditeurs à l’ancienne vendent de la musique dont la gestion leur a été confiée par contrat passé avec les auteurs, Jamendo affiche comme « à vendre » des oeuvres qui ne lui ont jamais été confiées, sous prétexte que dans la majorité des cas, les artistes finiront bien ensuite par accepter le marché de dupes (vus les tarifs) qu’on leur propose.
Les artistes, comme chacun sait, sont effectivement de grands enfants un peu benêts et peut-être même illettrés. Jamendo sait ce qui est bon pour eux, et Jamendo négocie donc en leur nom sans même attendre que ceux-ci en fassent la demande.

Tout cela est très beau, mais il y a quand même quelques petits détails, notamment juridiques, à reconsidérer :

1) Jamendo affirme désormais à ses clients leur vendre de la musique « libre de droits ». C’est un mensonge, évidemment, car la musique en question, qu’on qualifie volontiers de « musique libre » , reste soumise au Code de la Propriété Intellectuelle, et les licences ouvertes choisies par les auteurs, ne font qu’ouvrir certains droits aux utilisateurs. Seuls les auteurs peuvent décider quels droits ils ouvrent ou non. Certainement pas Jamendo.

2) Jamendo a à plusieurs reprises inclus des oeuvres dans son catalogue « pro » sans que certains co-auteurs aient été consultés (nous en savons quelque chose ici-même puisque trois membres de notre label ont subi cette avanie). Les licences commerciales proposées à la vente l’ont ainsi été de façon tout à fait illicites.

3) Plusieurs artistes diffusant sur Jamendo sous licences ouvertes, sont en fait adhérents de la SACEM, qui oblige pourtant par contrat tous ses membres à faire l’apport à la société d’auteurs de la totalité de leurs oeuvres et à lui confier la gestion de tous les droits qui en découlent (sauf dérogation particulière, que la « vieille dame » n’accorde encore que très rarement).
L’entreprise luxembourgeoise n’a jamais été très regardante sur ce point (c’est pratique d’échapper géographiquement à la juridiction française, n’est-ce pas ?). Mais lorsqu’elle affirme à ses clients qu’en se fournissant uniquement chez « Jamendo Pro », ils ne doivent plus rien à la SACEM, elle ment à nouveau. Certains clients risquent de le découvrir un jour à leurs dépens.

4) Toutes les oeuvres mises en ligne sur Jamendo sont présentées comme à vendre, même lorsque ces oeuvres n’ont pas été inscrites au catalogue de « Jamendo Pro ». Mensonge à nouveau.
Si l’auteur n’a pas souscrit à « Jamendo Pro » , l’acheteur obstiné se verra juste signifier que l’oeuvre n’est pas disponible « immédiatement » et que l’équipe de Jamendo s’emploiera à contacter l’artiste pour le ramener à la raison. Mensonge encore : rien ne dit que l’oeuvre puisse être un jour à vendre sur ce site puisque l’auteur n’a jamais manifesté d’intention de la vendre par le biais de Jamendo, ni immédiatement, ni plus tard.
On peut même imaginer qu’un auteur en cours de négociation commerciale directe avec un diffuseur se retrouve déloyalement concurrencé par ses propres oeuvres mises en vente à bas prix contre son gré sur Jamendo Pro. Le comble !

La fameuse (et fumeuse) « 3ème voie » autrefois promise par Jamendo se dessine plus clairement à présent, et prend un aspect somme toute bien familier : il s’agit tout simplement du modèle colonial. La musique libre est en effet pour Jamendo un vaste terrain à défricher, un nouveau far west sans foi ni loi, bon à coloniser. « Toi indigène laisser Homme blanc matières premières. Lui savoir quoi faire. Toi prendre verroteries et fermer ta gueule. Merci pour le calumet (beurk) ».

Que Jamendo se méfie tout de même un peu. Les Indiens d’Amérique ont par exemple été autrefois spoliés de leurs terres et de leurs richesses, certes, mais il y a tout de même eu Little Big Horn. Après le général Custer, le général Kratz pourrait y laisser des plumes, lui aussi, pas vrai ?

Nous, nous n’avons pour l’heure que notre propre plume, mais nous n’hésiterons pas à la tremper dans le goudron.
Quitte à retourner contre l’ennemi ses propres armes, dans un grand éclat de rire, bien sûr.

C’est pourquoi nous avons le plaisir de proposer aux internautes une offre qu’ils ne pourront pas refuser : acheter Jamendo pour 1€ (l’ami Mankind le fait à 2€ ; moi, je casse encore plus les prix).
achetez Jamendo

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Sur “ZORson 001”

Commentaire fait depuis la borne Automazic de la bilbiothèque de Belfort sur Dogmazic à propos de « ZORson 001″ par ZOR :

10/10 : Délirant rigolo.

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Monpauvrelieu

— Alors, ça tient toujours pour le concert ?
— Euh… En fait, le patron du bar voulait écouter ce que vous faites d’abord. Mais vous n’êtes pas sur « myspace ».
— Ah ! Eh bien, il suffit de lui donner l’adresse de notre site, ou celle de notre page sur Dogmazic.
— Oui, mais le problème, c’est que vous n’êtes pas sur « myspace ».
— Mais notre musique peut être écoutée et téléchargée sur notre site ou sur Dogmazic. C’est sans pub, facile d’accès, même pour des internautes qui utilisent d’autres systèmes que Windaube (parce qu’avec un Mac, par exemple, une page myspace, ça te plante facilement le navigateur).
— Oui, mais vous n’êtes pas sur « myspace ».
— Mais « myspace », c’est tout pourri.
— Oui, mais le mec, il ne prend que des groupes qui sont sur « myspace ».

Conclusion : il existe des gens dont le navigateur internet ne peut les emmener que sur un seul site, à l’exclusion de tout autre. Ce site, qui appartient au milliardaire d’extrême-droite Rupert Murdoch, attire les internautes grâce à de la musique gratuite et collecte ainsi des informations revendues aux annonceurs publicitaires. L’interface hideuse et conçue avec les pieds permet aux « artistes » de faire une vaine promotion tapageuse et de devenir « amis » avec des centaines d’autres « artistes » qui n’en ont évidemment rien à cirer, occupés qu’ils sont eux aussi à se faire des « amis ». Ce faisant, ils acceptent le plus souvent sans le savoir des conditions d’utilisation qui empiètent allègrement sur leurs droits d’auteurs.

Des « amis » comme ça, on s’en passe. Et le réseau internet est tout de même suffisamment vaste pour que nul ne soit obligé de s’avilir sur « mypisse » ou sur « fessebouc » (très tendance également).

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